Leve toi et marche


Préface

 

 

Pierre BERNARD a traversé la vie comme un météore, dans de la nuit et des fulgurances. Né le 5 janvier 1946, à peine au sortir de la guerre, il n’a été, comme beaucoup de ceux de sa génération, que révolte, mal-être et désespérance. Refusant la société issue de la tourmente mondiale, il n’a accepté ni la famille, ni l’école, ni la profession. En un mot, il n’a pas accepté la vie. Il a cru se reconnaître un instant dans les affrontements et les remises en question de mai 68. C’est là qu’il a rencontré Claude, celle qui devait devenir sa femme, et qui l’a accompagné dans un total engagement jusqu’à la fin.

Comme tous ceux qui ont cessé de croire à un monde nouveau après 68, il a poursuivi son rêve dans la drogue, jusqu’à en mourir une nuit d’avril, en 1999. Ses cendres ont été dispersées sous un arbre.

Ses poèmes lui ressemblent. Ce sont des prouesses verbales, austères, provocantes et désespérées. Mais il sait aussi exprimer la beauté de la Terre et la magie de tout ce qui trouve au-delà de l’horizon, évoquant parfois en quelques traits des instants et des paysages fugitifs, comme le font les haïkus japonais. Des thèmes et des mots récurrents parsèment son œuvre : le silence, le désert, le vent, l’errance, la fascination de la mort, mais aussi la splendeur du Monde, la démesure des âges géologiques et l’appel des profondeurs étoilées.

Pierre est au nombre des poètes maudits, qui ont vécu en rejetant la société, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud, ou le chanteur Graeme Allwright qu’il admirait.